Le Paradoxe Créatif : Le Livre Blanc d’Eastbay dissèque l’infrastructure numérique de l’économie créative ivoirienne

Abidjan est une explosion de créativité. De la mode qui défile à Koumassi à la musique “Coupé-Décalé” qui résonne dans le monde entier, en passant par l’art numérique émergent, notre talent est indéniable. Pourtant, à l’Université d’Eastbay, nous avons identifié un paradoxe douloureux : ce formidable capital créatif peine à se transformer en valeur économique durable pour ses créateurs.

Pourquoi un designer de mode talentueux de Treichville vend-il principalement via des statuts WhatsApp, limitant son marché ? Pourquoi un musicien de génie perd-il des revenus significatifs au profit de plateformes internationales aux commissions opaques ?

Nous avons réalisé que le problème n’est pas le talent ; il est l’infrastructure.

C’est pourquoi, en cette fin d’année, l’Université d’Eastbay est fière de publier son premier “Livre Blanc sur l’Économie Créative Numérique”. Ce document n’est pas une simple observation ; c’est une autopsie technique de nos lacunes et un plan directeur pour l’avenir. Ce projet a mobilisé, pendant six mois, nos trois pôles d’excellence : le Pôle Informatique (MSc Data Science et FinTech), le Pôle Design Numérique (Licence UX/UI) et le Pôle Commerce (MSc International Business).

Le constat de départ, un peu brutal, est que notre écosystème créatif fonctionne sur des outils numériques fragmentés et souvent inadaptés.

Le Verdict du Pôle Design : L’échec de l’Expérience Utilisateur (UX)

Nos étudiants en Licence de Design Numérique, sous la direction de Mme Valérie Gomis, ont réalisé un audit approfondi de cinquante sites de e-commerce et portfolios d’artistes ivoiriens. Les résultats sont sans appel.

L’esthétique est souvent présente, mais l’ergonomie fait défaut. Nous avons constaté que plus de 70% des sites de mode locaux ne disposent pas d’un tunnel de paiement mobile optimisé. Le processus de commande est si complexe que les taux d’abandon de panier sont estimés à plus de 80%. Les créateurs confondent un compte Instagram (une vitrine) avec un site de e-commerce (un outil de conversion).

Le Verdict des Pôles Commerce et Informatique : La fracture du paiement

L’analyse la plus critique est venue de la collaboration entre nos étudiants en MSc International Business et nos experts en FinTech.

Sur le marché local, le Mobile Money est roi. Cependant, ce système reste largement cloisonné. Il manque une interopérabilité fluide et sécurisée avec les systèmes de paiement internationaux (Visa, MasterCard, PayPal). Un client à Berlin ou à Toronto ne peut pas, ou difficilement, acheter une œuvre directement à Abidjan.

Nos étudiants en Commerce ont calculé que cette “fracture du paiement” coûte aux créateurs ivoiriens jusqu’à 30% de leurs revenus potentiels, perdus en commissions excessives via des intermédiaires ou tout simplement en ventes manquées.

De plus, nos étudiants en Data Science ont analysé les plateformes existantes et ont découvert un manque critique de “confiance algorithmique”. Il n’existe aucune plateforme locale majeure qui agrège l’offre créative avec des garanties de paiement sécurisées, une logistique fiable (un autre point de douleur identifié par le Pôle Commerce) et une certification d’authenticité.

Le Livre Blanc : Une feuille de route pour une infrastructure souveraine

Ce Livre Blanc n’est pas un document pessimiste. C’est un appel à l’action. Sur la base de ces audits, l’Université d’Eastbay propose une feuille de route technique.

Nous ne suggérons pas de copier les plateformes existantes. Nous proposons la création d’un “Hub Créatif Numérique” ivoirien. Ce modèle, détaillé dans le rapport, repose sur une architecture “API-first” (Interface de Programmation Applicative) qui servirait de pont. Il permettrait à n’importe quel créateur de connecter son site (même simple) à un module central gérant trois piliers :

  1. Paiement Unifié : Une passerelle (développée par nos experts FinTech) capable d’accepter à la fois le Mobile Money (pour le local) et les cartes internationales (pour l’export), avec une conversion transparente.
  2. Logistique Intégrée : Un connecteur vers les services postaux et les transitaires locaux, offrant un suivi de commande fiable.
  3. Certification : Une exploration de l’utilisation de la blockchain (un sujet de recherche de notre pôle IA) pour certifier l’origine et l’authenticité des œuvres d’art numériques et des pièces de mode.

En publiant ce travail, l’Université d’Eastbay remplit son rôle : nous fournissons l’analyse rigoureuse et les solutions techniques pour que le génie créatif d’Abidjan soit enfin maître de sa propre valeur économique.


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